FRENES ITPTAR
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« Il neige ! Il neige ! »

Par Samir · Juin 2026 · 4 min de lecture

Il y a des images qui ne partent plus. Pas parce qu'elles sont spectaculaires. Parce qu'elles sont vraies d'une façon que rien d'autre ne peut égaler.

Jacqueline à la fenêtre. Les yeux grands ouverts. Ce cri — pas un cri d'adulte, un cri d'enfant — jailli d'une femme de vingt-trois ans qui avait déjà vécu plusieurs vies et qui s'émerveillait de la neige comme si c'était la première fois.

Pour elle, c'était peut-être la première fois. Elle venait de Casablanca. Elle venait du Maroc, de la chaleur blanche, du soleil qui tape fort sur les murs de l'Auberge Ounara. La neige, elle n'en avait pas vu souvent.

L'art de s'émerveiller

Jacqueline avait vingt-trois ans. Elle avait traversé deux continents. Elle avait perdu sa mère avant de la connaître, subi des violences, traversé un exil, connu la solitude et la peur. Elle aurait pu être épuisée. Elle aurait pu être fermée.

Elle était à la fenêtre, et elle criait comme une petite fille.

C'est ça qu'elle a transmis à son fils, peut-être plus que tout le reste. Cette capacité à trouver la fenêtre, à regarder dehors, et à crier il neige. Même quand on a tout porté. Même quand on est épuisée. Trouver quelque chose qui mérite d'être crié.

Elle lui avait appris ça sans le savoir — s'émerveiller. Même quand on a tout porté. Trouver la fenêtre, regarder dehors, et crier il neige.
— Extrait de Chère Maman

Ce que les mères transmettent sans le dire

On imagine souvent que les grandes leçons se transmettent dans des discours. Dans des conseils donnés à la bonne heure, avec les bons mots. Jacqueline n'a jamais fait de discours. Elle vivait, simplement, devant son fils. Et il regardait.

Il regarde encore. Chaque jour, il porte cette image — sa maman à la fenêtre, les yeux grands ouverts, criant il neige dans l'air froid de Nîmes. Et quelque part, il crie encore avec elle.